Le lavement des pieds était à l’origine un acte d’hospitalité dans les foyers palestiniens, accompli envers les invités (qui portaient des sandales et marchaient sur des routes poussiéreuses) par un serviteur ou l’épouse de l’hôte. Saint Paul fait référence à cette coutume dans (1 Timothée 5:10).
Jésus s’agenouille et lave les pieds de ses disciples, un geste surprenant qui exprime l’humilité et le service. Dans la culture de l’époque, le lavage des pieds était une tâche réservée aux serviteurs. En accomplissant ce geste, Jésus : Montre l’exemple du service et de l’humilité (Jean 13:1–5).
Dans la symbolique biblique, les pieds révèlent les dispositions de l’âme, de celui qui lave comme celui qui l’accepte. Il faut de l’humilité pour les deux personnages, pour le maître, comme pour le serviteur considéré comme esclave à l’époque. C’est donc un acte d’amour et de respect.
Le paysage :
La place de Mézeray dans la Sarthe avec son église et son presbytère.
Le ciel nuageux donnant une ambiance violette signe de recueillement et de remise en question
Le marché, la vie quotidienne.
La rivière de la Vézanne qui représente l’eau des guérisons opérées par Saint Martin.
Les 2 niveaux : Le niveau bas extérieur du marché et le niveau haut intérieur où se trouve la scène.
L’arc-en-ciel signe de l’alliance que Dieu a fait avec les humains. C’est aussi une forme d’Utérus pour une nouvelle naissance.
Les armes sont déposées, L’armure est rangée, il n’y a plus de violence mais le calme, l’attention de l’autre, le soin de l’autre, le respect, le service gratuit dépouillé de toute attente.
Le matériel du lavement des pieds : cruche, le bassin rempli d’eau rappelant le baptême, Le torchon, l’éponge et le savon
La baie vitrée représentant le plafond de verre à briser
Le passage clouté rappelant le passage de la mort à la vie
Le carrelage et sa perspective linéaire en direction de l’œil gauche de la femme interpelant le spectateur.
Les personnages :
Saint Martin suppliant du regard Démétrius son serviteur, de se laisser laver les pieds.
Démétrius repoussant d’un geste de la main le fait de se faire servir.
La femme qui est au milieu et qui rassure Démétrius en lui demandant de se laisser faire pour dire au monde que la place sociale n’a d’autre valeur que le respect que l’on porte à autrui.
Elle est habillée en toge romaine ; ceci sous-entend qu’elle a compris et s’est convertie. Surprise elle nous regarde, nous interroge et de sa main sur Démétrius, nous fait regarder Démétrius qui repousse la proposition de Saint Martin. Cette circulation du regard est générée par la femme qui vient du peuple d’en bas ; du Marché. Mais elle s’est convertie et s’est élevée à un niveau spirituel. Il lui a fallu dépasser ce plafond de verre qu’est la baie vitrée.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une coutume, mais d’une interrogation sur notre état de serviteur ou d’homme dirigeant et puissant. J’ai voulu montrer, dans ce tableau que nous somme tous quelque part serviteur les uns des autres. L’objectif de Saint Martin est de nous montrer au travers de ce geste que nous pouvons changer notre regard et notre comportement.
Général :
Dans la partie haute du tableau :
Il s’agit d’une vue en plongée en extérieur, l’objectif représente notre vie terrestre : manger, se loger, s’habiller, faire l’amour, se reproduire, se soigner, se sentir utile et reconnu, s’épanouir en somme. Regardez cette vie centrée sur les besoins vitaux de l’être humain. Malgré tous nos efforts pour prendre soin de nous, nous mourrons !
Dans la partie basse du tableau :
Il s’agit d’une vue en intérieure, l’objectif est :
L’interrogation sur nos questions existentielles : l’existence, la souffrance, le mal, l’amour, l’injustice, la mort, l’au-delà ?
L’introspection sur le sens de la vie, de réfléchir sur nous et notre comportement ; qui suis-je ? où en suis-je ? Regardez cette vie centrée sur nos besoins existentielles
La vie et l’existence sont deux choses différentes :
La vie : c’est le monde des sens (voir, entendre, toucher, sentir, goutter).
L’existence : Le monde de l’esprit : prendre conscience que nous vivons c’est prendre conscience que nous existons. Sans l’expérience de la vie, nous ne saurions même pas que nous existons !!!